Par Annie-Rose Espaldon, Digital Project Manager, Stanley Field
Publié le 13 janvier 2023
Découvrez les conseils de Stanley Field group pour mieux vivre l’hypersensibilité au travail.
Sommaire
1. Qu’est-ce que l’hypersensibilité au travail ?
2. Comment s’explique l’hypersensibilité ?
3. Est-ce que l’hypersensibilité est innée ou apparaît-elle au cours de la vie ?
4. Suis-je une personne différente des autres si je suis hypersensible ?
C’est Elaine Aron – psychologue, chercheuse et pionnière dans l’utilisation des techniques d’imagerie par résonance magnétique appliquées à l’étude de la sensibilité et de l’amour – qui a défini le concept « Higly sensitive », l’hypersensibilité, dans les années 1990.
D’après des études menées par Elaine Aron, dans les travaux publiés en 2018 dans la revue Translational Psychiatry, 31% de la population présenterait une sensibilité plus élevée que la moyenne.

1. Qu’est-ce que l’hypersensibilité au travail ?
L’hypersensibilité n’est pas une maladie, un syndrome ou un désordre psychique.
Il s’agit à la fois d’une sensibilité plus accrue que la moyenne et d’une faible tolérance aux stimuli sensoriels et émotionnels.
On retrouve souvent chez les personnes hypersensibles, plusieurs caractéristiques récurrentes permettant de définir l’hypersensibilité :
Des sensations (hyperesthésie) : l’intolérance à la lumière, les odeurs, les parfums, les contacts avec les vêtements, étiquettes, objets ou autres textures.
Des émotions : les émotions sont ressenties de façon plus intense, ce qui peut conduire à des réactions disproportionnées face aux collègues.
Des pensées : c’est beaucoup réfléchir sur les moindres détails observés lors d’une situation ou chez une personne. C’est également douter sur d’innombrables détails concernant un projet ou la vie quotidienne.
2. Comment s’explique l’hypersensibilité ?
L’hypersensibilité constitue toujours un sujet de recherche actuellement et beaucoup d’études peuvent se regrouper.
Selon une étude datant de 2011, le thalamus (organe qui filtre les informations sensitives et sensorielles avant de les transmettre au cortex cérébral) fonctionnerait moins bien. Ce qui expliquerait pourquoi les personnes hypersensibles ont constamment l’impression d’être « sans filtre ».
D’après Cathy Assenheim, psychologue clinicienne et neuropsychologue, l’hypersensibilité et le haut potentiel, bien que ce soit deux choses différentes, s’expliquent par un même fonctionnement neurologique, qu’elle appelle « hyper réseau neuronal ». Cela se traduit par des connexions neuronales plus présentes et en plus grand nombre.
En 2014, des chercheurs de l’Université de Sony Brook ont découvert que l’insula (organe du cortex cérébral, qui reçoit des substances du thalamus et qui joue un rôle dans les émotions et les sensations) présente une activité plus intense que la moyenne, chez les personnes dont la sensibilité est élevée.
3. Est-ce que l’hypersensibilité est innée ou apparaît-elle au cours de la vie ?
Selon Saverio Tomasella, docteur en psychologie et psychanalyste, les deux sont possibles.
L’hypersensibilité peut être innée ou spontanée, également provisoire ou durable.
Elaine Aron a étudié la piste génétique et a souligné que le rôle de l’éducation, l’environnement et les soins apportés par l’entourage durant l’enfance joue un rôle prépondérant dans la prédisposition à l’hypersensibilité.
Celle-ci peut également apparaître de façon plus ponctuelle si elle est liée à un choc, un traumatisme ou une dépression.
Certaines personnes vivent bien leur hypersensibilité, tandis que d’autres y éprouvent beaucoup de difficulté. L’entourage peut également la percevoir comme « exagérée ».
4. Suis-je une personne différente des autres si je suis hypersensible ?
Il existe plusieurs nuances à ne pas confondre. L’hypersensibilité ne relève pas d’une haute capacité émotionnelle ou intellectuelle, bien que dans certains cas elle puisse être couplée à cela. Elle n’est pas non plus liée à une difficulté à gérer ses pensées et ses émotions. Elle concerne spécifiquement une faible tolérance aux stimuli sensoriels (ouïe, odorat, vue, contact, goût) et émotionnels, ainsi donc une sensibilité plus accrue.
L’hypersensibilité ne constitue une différence que si la personne se considère elle-même différente dans sa personnalité.
Enfin, il ne faut pas confondre l’hypersensibilité avec la sensibilité et l’empathie qui constituent des traits de la nature humaine.
C’est d’ailleurs un sujet très en vogue sur les réseaux sociaux, au même titre que le Haut Potentiel Intellectuel/Emotionnel, le syndrome d’Asperger, les types de personnalités. Cela amène les individus à créer des distinctions sociales, des catégories de personnalités et conduit à un besoin de se démarquer sur le plan social.
L’hypersensibilité nous apprend que chaque personne est unique. Se dissimule alors dans la société, notamment dans l’environnement professionnel, un jeu d’adaptation dans lequel les individus ne sont pas sur un pied d’égalité, de par leurs prédispositions, leurs capacités, leur fonctionnement neurologique et tant d’autres facteurs qui distinguent les personnes les unes des autres.
On ne guérit pas de l’hypersensibilité, on apprend simplement à vivre avec. Comment ? Voici quelques conseils !

