Ils ont démissionné pour poursuivre leur carrière ailleurs, puis ont décidé de retourner au sein de leur ancienne entreprise. On les appelle les « salariés boomerang ». Il serait alors intéressant de comprendre pourquoi ces collaborateurs partent et reviennent. Face à la Grande démission, les employeurs se demandent s’ils ne seraient pas la solution.
Par Annie-Rose Espaldon, Digital Project Manager, Stanley Field group
Publié le 4 avril 2023

Sommaire
1. Qui sont les salariés boomerang ?
2. Pourquoi partent-ils et reviennent-ils ?
3. Pour quelles (bonnes) raisons de les ré-embaucher ?
4. Quels sont les risques ?
1. Qui sont les salariés boomerang ?
C’est une tendance que l’on retrouve de plus en plus fréquemment, surtout depuis la Grande démission.
Il y a quelques dizaines d’années, une démission pouvait être perçue comme une trahison par l’employeur et de nombreuses politiques de recrutement interdisaient les ré-embauches des anciens collaborateurs.
En 2023, les mentalités ont beaucoup évolué. D’après une enquête du baromètre LinkedIn de l’emploi, publiée le 23 février 2023, la part des salariés français qui ont quitté une entreprise puis l’ont réintégré, a augmenté de 36 % en trois ans, depuis les vagues de démissions liées à la pandémie.
2. Pourquoi partent-ils et reviennent-ils ?
Pourquoi partent-ils ?
Les salariés boomerang sont généralement des profils très performants à la recherche d’évolution professionnelle.
Le premier motif de départ concerne la rémunération. 49 % de collaborateurs partent pour un meilleur salaire. Toutefois, 51 % des salariés démissionnent pour d’autres raisons.
Le manque de reconnaissance ou de sentiment d’appartenance constitue la deuxième raison. On observe également le motif de l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle. La pandémie a également conduit de nombreux salariés, en quête de sens dans leur travail, à démissionner pour de nouvelles aspirations. D’autres collaborateurs sont partis, car ils ne parvenaient pas à évoluer et ont donc rejoint d’autres postes qui leur ont permis de se développer professionnellement.
Enfin, il y a également ceux qui ont tenté de lancer leur propre activité en auto-entrepreneur.
Pourquoi reviennent-ils ?
Après avoir démissionné et obtenu un nouveau poste dans une autre entreprise, 62 % de collaborateurs français, contre 46 % en Allemagne et 39 % au Royaume-Uni, regrettent plusieurs aspects de leur ancien poste.
D’après l’enquête UKG, 28 % des salariés français regrettent leurs anciens collègues, contre 38 % pour les employés des autres pays d’Europe. 25 % des Français regrettent ensuite leur ancienne mission, 25 % leur ancien salaire et 22 % la politique de congés de leur ancienne entreprise.
D’autres collaborateurs ont démissionné pour renforcer leurs compétences à travers une nouvelle expérience professionnelle puis, sont retournés à leur ancienne entreprise, en vue d’obtenir plus de responsabilités et d’évoluer.
3. Quelles (bonnes) raisons de les ré-embaucher ?
Une réponse à la pénurie des talents
Depuis la pandémie de Covid-19, les démissions ont déséquilibré l’offre et la demande. De nombreux métiers sont en tension sur le marché du travail. Le retour des salariés boomerang pourrait permettre de faciliter les recrutements et stabiliser la tendance.
Le collaborateur boomerang s’intègre plus vite
Recruter un ancien collaborateur, limite les risques d’erreur de recrutement et permet d’aboutir à un process moins coûteux et qui nécessite moins de temps.
Un ancien salarié connaît les valeurs, les règles et le fonctionnement de l’entreprise. Il sera donc plus rapidement opérationnel sur le terrain et renouera les liens avec l’équipe plus facilement.
Le salarié boomerang revient meilleur
Le collaborateur boomerang est généralement doté de nouvelles expériences et d’un savoir-faire renforcé. Il peut également avoir acquis de nouvelles compétences et méthodes chez la concurrence.
Il est un facteur de motivation pour l’équipe
Le message RH renvoyé par le salarié boomerang est fortement positif, car il montre à l’équipe que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Cela rendra les autres employés plus enthousiastes à l’idée de faire partie de l’entreprise.
Il y a également de fortes probabilités que le collaborateur boomerang soit parti chez des entreprises concurrentes. Il amènera donc l’entreprise à élargir sa vision sur les méthodes et les fonctionnements qu’il a pu observer ailleurs.
4. Quels sont les risques ?
Le risque qu’il reparte de nouveau
Celui-ci a déjà quitté l’entreprise une première fois. Les employeurs peuvent donc être réticents à le réintégrer, par crainte qu’il ne recommence et que cela ne nécessite, de nouveau, des adaptations en interne.
Le cas du collaborateur qui n’a pas évolué
Si plusieurs années se sont écoulées depuis sa démission et que le collaborateur n’a pas renforcé son savoir-faire ailleurs, les employeurs peuvent également craindre qu’il soit dépassé par les changements de l’entreprise.
Une relation tendue avec l’équipe
Si l’ancien collaborateur a gardé des relations tendues avec l’équipe, son retour peut susciter des difficultés d’entente et perturber la performance générale.
Enfin, cela peut également engendrer du ressentiment, dans le cas où le collaborateur reviendrait avec une meilleure position que celle de ses collègues.
Donner envie à un ancien collaborateur de retourner au sein de l’entreprise est un plus indéniable pour la marque employeur. Mais l’objectif fondamental reste celui de la rétention.
